LE BLOG DE JOHN MAYO

Les publications, les projets et les coups de coeur de Jean Leroy

03 février 2008

Le château

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Esquisse

Illustration de Robert Leroy, point de départ une situation d'écriture proposée à des élèves de cycle 3. Consigne : Faire entrer les deux personnages à l'intérieur du château, malgré la surveillance des gardes. Ils échoueront à deux reprises avant d'atteindre leur objectif.

1. Le chevalier Robert dit à son page, Jehan :
- Attache ma monture à un arbre. Je vais préparer notre équipement…
- Bien, messire…
Le chevalier prend dans les fontes un grappin et une corde, achetés quelques heures plus tôt dans un petit village voisin. Une fois le cordage noué solidement à la base du crochet, le guerrier déclare :
- Efforçons nous à présent de nous rapprocher le plus près possible des murailles…
Une demi-heure plus tard, nos deux héros sont devant les douves.
- Regardez, messire ! chuchote Jehan. Impossible de prendre pied de l’autre côté du fossé ! L’eau mouille les murs du château. Il n’y a pas de rive !
- Je devrai donc lancer mon grappin de l’endroit où nous sommes. J’ai enveloppé le métal dans du chiffon, pour étouffer le bruit… Espérons que cela suffira !
Le chevalier fait tournoyer plusieurs fois le crochet de métal, puis le lance de toutes ses forces. Par chance, il réussit à atteindre le sommet de la muraille du premier coup !
- J’y vais, Jehan. Toi, tu m’attends ici…
- Mais, messire, je’…
- Ne discute pas ! Je sais que tu es brave. Mais je refuse de te faire courir davantage de risques…
Robert empoigne la corde le plus haut possible. Il lui faut raser le plan d’eau à l’horizontale, pour frapper la muraille du plat des pieds, et ensuite entamer l’ascension. Si jamais il tombait à l’eau, le poids de sa cotte de mailles l’emporterait par le fond.
- Ouf ! s’exclame Jehan en voyant son maître se recevoir parfaitement sur le mur.
Robert vient à peine de commencer à grimper, quand il sent la corde se tendre derrière lui. Il regarde en dessous, et découvre son page, ruisselant, qui entreprend de le rejoindre.
- Sacrée tête de mule ! Je t’avais défendu de me suivre !
- Parlez moins fort, messire. Vous pourriez nous faire repérer…
Les deux compagnons grimpent maintenant depuis plusieurs minutes. Mais une pierre saillante, située juste sous le grappin, use la corde depuis le début de l’ascension. Soudain, le câble lâche ! Nos deux héros se retrouvent presque aussitôt dans l’eau.
Le vaillant petit page, au prix d’un effort herculéen parvient à les hisser tous deux sur la rive.
- Merci, Jehan. Sans toi, avec le poids de mon armure, je coulais à pic ! Maintenant, ne perdons pas de temps. Ecoute, les chiens ont donné l’alerte. Fuyons !

2. - Creuser un tunnel pour passer sous les douves ? Mais monseigneur, cette idée va nous prendre des jours !
- Réaliser pareille tâche, en creusant avec mon épée, sera un jeu d’enfant ! Ne te rappelles-tu pas que Lame d’Argent a été forgée dans l’atelier qui autrefois créa la mythique Excalibur ?
Jehan constate, fasciné, que son maître avait raison. Robert semble avancer devant lui, en creusant la terre comme du beurre !
- En maintenant ce rythme, et si tes calculs sont bons, mon ami, nous atteindrons la surface de la cour intérieure du château dans moins d’une heure !
Robert donne un nouveau coup d’épée. Soudain, de l’eau suinte dans l’étroit tunnel.
- J’ai calculé trop juste ! hurle Jehan. Il faut faire demi-tour, messire, vite !
Les deux hommes se hâtent de regagner la sortie. Derrière eux, l’eau s’infiltre de plus en plus. Nos deux héros, obligés de se déplacer à quatre pattes, ont du mal à accélérer. Ils ont de l’eau presque au niveau des épaules, quand Jehan s’écrie :
- Là, messire ! Je vois le ciel !
Le chevalier et son page font sécher leur vêtements. Jehan est dépité :
- Ma mauvaise connaissance des nombres nous a joué un bien vilain tour, monseigneur…
- Bah ! Je ne t’en veux pas ! s’exclame Robert, en souriant. Je n’aurais pas fait mieux. Pourquoi crois-tu que je t’ai demandé d’effectuer les calculs ?
- Eh bien, euh… Pour me donner la chance de m’illustrer ?
- Pas seulement ! C’est aussi parce que je suis un très mauvais mathématicien. Cela me gênait de te l’avouer !

3. Nos deux héros ont fini par se rendre à l’évidence : seuls, ils ne parviendront pas à mener à bien leur projet…
- Demander de l’aide, oui, mais à qui ? interroge Jehan.
- C’est bien là le problème, soupire Robert. Et il ne nous reste que très peu de temps.
Brusquement, une voix se fait entendre dans le dos des deux amis :
- Bonsoir, messires…
Jehan se frotte les yeux. Mais non, il ne rêve pas : c’est bien un écureuil qui a pris la parole !
- Je me présente : Merlin L’Enchanteur !
- Merlin ? Celui de la légende ? demande Robert.
- Lui même !
- Mais, euh… Vous êtes encore vivant ?
- Allons chevalier, les légendes ne meurent pas !
Devant les deux amis ahuris, le sorcier poursuit :
- J’ai pu admirer votre courage au cours de vos précédentes tentatives. Aussi ai-je décidé de vous aider. Je vais vous transformer en moineaux. Dès que vous vous poserez sur le chemin de ronde, l’enchantement cessera. Bonne chance !
Avant que nos deux héros aient pu dire un mot, « Pouf ! » Merlin disparaît.
- Cui ?
- Cui ! Cui !
Les deux oiseaux prennent la direction du château. Le chemin de ronde n’est plus qu’à une dizaine de mètres, quand ils se sentent soudain menacés. Ils se retournent et aperçoivent un faucon fondre sur eux ! A toutes ailes, ils se hâtent d’atteindre le sommet de la forteresse. Le premier oiseau touche le sol et retrouve aussitôt forme humaine.
Le faucon est presque sur le deuxième moineau.
- Messire, attention ! crie Jehan.
Le faucon ouvre le bec. Au même moment, sa proie se pose sur le chemin de ronde. Robert reprend forme humaine, et le rapace découvre l’exceptionnelle résistance d’une coiffe en cotte de mailles !
Sans un regard pour le faucon qui s’éloigne en zigzagant, Robert chuchote :
- A présent, le plus délicat reste à faire. Suis-moi, Jehan…

(La Classe Primaire n°186)

Posté par jehanleroy à 16:05 - 7. La Classe - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

hé bé

En v'la un beau dessin.

Posté par pollinux, 05 février 2008 à 08:18

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